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Red Wings de Détroit: Un bilan décevant

La saison des Red Wings de Détroit est terminée depuis plusieurs semaines et le compte Detroit Red Wings_FR dresse un bilan. Déception, amertume et reconstruction au programme. 

Cette saison qui s’est écoulée a laissé pour les fans un grand sentiment de déception. Un fond de jeu dont on cherche encore l’existence, des chantiers dont on ne voit pas la fin et une reconstruction qui peine à vraiment se matérialiser dans les faits. Pas de playoffs pour la troisième saison consécutive et la déprime commence vraiment à pointer son nez dans le Michigan où les fans ont été habitués aux affrontements printaniers durant les 25 dernières années. Après une année si compliquée allons nous entrevoir enfin la lumière ? Le retour de la légende Steve Yzerman comme DG avec un front office largement renouvelé, Ken Holland faisant ses valises vers Edmonton, est enfin le signe clair d’une reconstruction à Motor City. Cette annonce s’est présentée aux fans comme la meilleure nouvelle depuis le titre de 2008, autant dire que les attentes sont énormes. Il faudra cependant rester patients, les Red Wings ne vont pas redevenir un contender en une saison. Enfin, avant d’anticiper sur le futur, voyons déjà ce que nous avons subi lors de cette campagne 2018-2019.

La soirée d’ouverture face aux Blue Jackets a d’abord été la première depuis 2002 sans notre capitaine Henrik Zetterberg qui a pris sa retraite l’été dernier. Un crève cœur de ne plus voir jouer ce gentleman, capitaine exemplaire qui verra une fois son contrat terminé, trôner son numéro 40 dans les hauteurs de la Little Ceasar Arena. Cette opening night a tout de même laissé entrevoir ce que beaucoup de fans attendaient, à savoir un peu de fraîcheur dans le roster avec pas moins de 5 rookies pour débuter : Rasmussen et Ehn en attaque et Cholowski, Hronek et Sulak en défense. Pas vraiment dans la tradition « Hollandienne » de laisser autant de jeunes prendre place dans l’alignement mais il fallait composer avec les blessés. Cette jeunesse est restée relative puisque Detroit a l’un des effectifs les plus âgés avec les 38 ans de Kronwall, les 35 de Nielsen , Howard, Vanek, Daley etc. Cet assemblage de vétérans et de jeunes joueurs est la recette qu’affectionne Ken Holland malgré les échecs répétés depuis quelques saisons.

On aura vécu un mois d’octobre affreux avec un bilan de 3-7-2 (dont  un 8-2 face aux Bruins et un 7-3 face aux Habs). Si on a vu des fulgurances avec une période novembre-décembre plus intéressante, notamment cette série de trois matches consécutifs où l’équipe a gagné après avoir rattrapé un déficit de 2 buts, les manques ont été trop criants toute l’année pour espérer quoique ce soit. La course aux séries n’a pas fait long feu et pour les fans il a fallu chercher des centres d’intérêts autres que les résultats pour avoir un peu d’émotion.

L’équipe termine la saison avec un bilan de 32-40-10 pour 74pts, un de plus que l’an passé pour une laborieuse 28ème place au classement (27ème  en 2017-2018).

Pas de raisons de trop s’attarder sur les résultats à la vue de leur médiocrité, essayons d’aborder les points positifs de cette saison, qui malgré les apparences sont plus nombreux que ce que l’on pourrait penser.

D’abord la confirmation d’un leader, futur grande star de la ligue, j’ai nommé Dylan Larkin. Il a porté l’équipe à bout de bras et a justifié sa prolongation de 5 ans signée durant la off season. Premier joueur de la franchise à atteindre le plateau des 30 buts depuis 2009, sa saison est une totale réussite (32-41-73) et il ne fait aucun doute qu’il va prendre le « C » sur son chandail dans les plus brefs délais.

Autre joueur qui a performé et justifié les attentes placées en lui : Andreas Athanasiou (30-24-54). J’ai souvent tweeté qu’on ne pouvait pas se dire fan de hockey et ne pas aimer regarder jouer un joueur comme lui. Et je le maintiens, il nous a gratifié de gestes magiques, sa pointe de vitesse me sidère a chaque fois… il est juste électrisant ! Il a lui aussi dépassé les 30 buts et avec un poil plus de réussite (et de régularité), il pourra largement atteindre le plateau des 40 ! Reste à travailler sa finition devant le but et son jeu défensif et il aura ainsi tout pour, lui aussi, devenir une star de la ligue !

Tyler Bertuzzi figure lui aussi au rang des belles satisfactions avec une saison pleine, et comme j’ai pu lire sur un blog américain, il est ce que Justin Abdelkader aurait dû être. A savoir ce joueur qui fait le sale boulot, que les adversaires détestent et qui produit. Première saison a plus de 20 buts pour lui (21-26-47), il a mérité sa sélection avec le Team Canada pour les mondiaux et a réussi à s’imposer comme un cadre de l’équipe.

En défense Filip Hronek a montré qu’il avait ce qu’il fallait pour s’imposer rapidement malgré des débuts mitigés qui l’ont vu repartir avec les Griffins un moment. A son rappel avec le big club il a élevé son niveau, a eu un rôle en PP et a eu une production vraiment intéressante pour un défenseur rookie (5-18-23 en 46 matches).

Au rayon des vétérans, mention bien à Luke Glendenning et à noter également une saison correcte de Danny DeKeyser après de nombreuses saisons indignes des attentes placées en lui. Certes il n’est pas devenu un défenseur de 1er plan pour autant mais force est de reconnaître les progrès.

Avant de conclure les satisfactions un petit focus sur Anthony Mantha s’impose. On ne peut pas se dire déçu de la saison du géant québécois même si un goût d’inachevé demeure, en tout cas pour ma part. Sa production a été correcte (25-23-48) en 67 matches soit 13 de moins que l’an dernier pour le même nombre de points. Mais il peut (doit ?) faire mieux avec son potentiel. Il a connu des périodes longues sans scorer qu’il a su compenser par un final en boulet de canon. Mais il doit progresser, gommer ce côté nonchalant pour être le tueur devant le but que Detroit attend depuis si longtemps. Et surtout il doit arrêter de se battre pour ne plus se blesser bêtement. Mention quand même assez bien pour lui.

Au niveau des déceptions, elles sont aussi nombreuses et mériteraient un livre à elles seules,  mais on peut  citer en vrac : Justin Abdelkader, Travor Daley , Frans Nielsen, Jeff Blashill, Jonathan Bernier, les unités spéciales etc.

Depuis trop de saisons l’équipe paye la mauvaise gestion et les contrats de longues durées surpayés plombent l’effectif. Comment imaginer qu’un joueur comme  J. Abdelkader va nous coûter 4.5M$ jusqu’en 2023-2024! Sa production est aussi inexistante que son impacte dans la rotation. Depuis son extension en 2015 pour 7 ans, il a inscrit 26 buts et un total de 75 points. Les rumeurs parlent d’une mise au ballotage pour lui faire passer un message mais dans tous les cas ce contrat va être un boulet pour l’équipe. Comment ne pas citer le cas de Frans Nielsen qui devait être notre centre n°2, « à la Datsyuk »… sans remettre son éthique de travail en doute, il n’est clairement pas au niveau et a déjà 35 ans… (et un contrat jusqu’en 2022-2023 pour 5,25M$). Les autres bad contracts sont légions (Daley, Bernier, Ericsson) et le nouveau DG va devoir composer avec et ses premières  décisions seront réellement scrutées à la loupe.

Sur la glace ils ont été nombreux à ne pas être au niveau, mais le banc n’a pas donné le bon exemple. Blashill a cette année joué avec nos nerfs comme lors des 2 saisons précédentes. Il n’a cessé de jongler avec ses lignes ce qui n’a jamais permis d’établir une alchimie entre les joueurs, il a sanctionné les plus jeunes (Cholowski, Hronek, Rasmussen) quand des cadres avaient le totem d’immunité. Il a obtenu sa prolongation pour deux saisons quelques jours avant la fin de la saison malgré son bilan plus que mitigé à la tête de l’équipe. Yzerman a déclaré qu’il comptait s’appuyer sur lui pour la saison à venir en saluant son travail pour le développement de nos jeunes loups (Larkin, Mantha, Bertuzzi) mais j’ai l’espoir qu’il s’agissait ni plus ni moins que de la communication. Il vient d’arriver et ne peux remettre en cause le coach qui a été prolongé à peine un mois avant son arrivée. J’ose espérer que les résultats s’ils restent ceux qu’ils sont auront raison de la patience de Stevie Y.

Finalement cette saison à oublier  pourrait presque se résumer à une chose : le retour de l’homme providentiel.

Désormais tous les regards sont tournés vers la prochaine draft où les Wings choisiront encore une fois au 6ème rang (une déception au vu de la saison). Après la bonne session repêchage de l’an passé avec Zadina et Veleno notamment, il faudra être intelligent dans les 10 choix en notre possession (dont 5 dans les 3 premiers tours), mais pour cela nous pouvons faire confiance au nouveau maître à bord.

Enfin, pour conclure ce petit bilan, un mot sur Ken Holland qui quitte la franchise après 22 saisons comme DG, et 36 au total au sein de l’organisation. Sous son règne les Wings ont longtemps marché sur la ligue, 3 titres (98-02-08), 1 en tant qu’assistant DG (97), 4 trophées des Présidents et 925 victoires en saison régulière. Ce bilan lui permet de bénéficier d’une réputation toujours excellente au sein des dirigeants de la ligue, malgré une dernière décennie moyenne, où sa capacité d’adaptation à une LNH période post salary cap s’est montrée limitée. La multiplication de contrats calamiteux et de trades coûteux et sans résultats ont largement terni son bilan. Et malheureusement à court terme c’est avec cet héritage que le nouveau front office va devoir composer et essayer de créer une équipe capable de redevenir une grosse machine prête à en découdre, si ce n’est pour la coupe, au moins pour jouer les séries.

Rendez-vous en octobre Hockeytown !! Let’s Go Red Wings !

A retrouver sur Twitter : @hockeytown_fr

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