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NY Rangers : le temple sera bien gardé

Début d’une série d’articles dans lesquels nous ferons le point sur l’effectif des pensionnaires du Madison Square Garden. Des gardiens à la pointe de l’attaque, on va essayer de faire un point le plus objectivement possible sur l’état des troupes, à quelques semaines de la reprise de la saison régulière. 

En commençant par le poste de gardien, voyons voir ce qui nous attend. Si nous ne savons pas encore si de gros changements interviendront, une chose est sûre, le vieillissant Henrik Lundqvist est toujours là, mais devrait commencer à sentir le souffle de la relève lui chatouiller la nuque. Oui ça promet.

Il y a tout d’abord les plus jeunes, toujours en université ou en Europe, ils ne seront pas appelés sauf immense cascade de blessures. Néanmoins, ils sont assez intéressants là où ils évoluent pour mériter quelques lignes dans cette mini revue d’effectif.

Commençons par le tout dernier arrivé, le drafté 2018 Olof Lindbom. S’il suscite autant d’intérêt c’est surtout parce qu’il a été repêché au 2e tour, ce qui n’est pas souvent le cas pour une franchise NHL, pas spécialement en mal de gardiens. En 39e position, il a été préféré à d’autres noms alors que ses 19 ans ne laissent pas encore présager qu’il deviendra le crack annoncé par un choix aussi haut dans la draft.

Impossible de ne pas faire le parallèle avec le King Lundqvist pour ce jeune joueur formé à Djugardens (banlieue de Stockholm) et découvrant cette année la ligue Allsvenskan (2e division suédoise) pour tenter d’être titulaire à Mora IK. Avec 90.5% de taux d’arrêts en U18 jusque-là, autour de 90% l’étage au-dessus, et la découverte de la sélection suédoise U20 cette année (1 match), il a encore du travail, et besoin de jouer régulièrement avant de sauter le pas.

Autre espoir dans les tuyaux, Tyler Wall. Déjà moins « adolescent », le titulaire des Riverhawks de l’université Umass-Lowell sort d’une grosse saison en NCAA. Avec 92.1% d’arrêts, il a joué 22 matchs, encaissant 2.09 buts par match, constituant une nette progression par rapport au 86.8% en 12 matchs (3.98 buts encaissés) de la saison précédente. Drafté en 174e position (6e tour) en 2016, le canadien est donc dans des standards plus habituels pour un gardien, et est par contre à l’orée d’une saison importante pour lui en vue de sa progression.

La suite logique nous emmène ensuite vers le slovaque Adam Huska. A l’instar de Tyler Wall, A. Huska progresse dans sa carrière, du moins pas forcément statistiquement, mais dans les niveaux où il évolue. Tout droit venu de NCAA, avec l’université du Connecticut, et une moins bonne saison en 2018-19 que l’année d’avant, il a quand même terminé la saison en AHL avec les Wolf packs d’Hartford. Dans le bazar ambiant de la succursale AHL des NYR, Adam Huska a joué 9 matchs, encaissé 3.45 buts en moyenne, pour 88.9% d’arrêts. Sensiblement équivalentes à celle de saison NCAA, il arrive à l’entame d’une saison où ce pourrait être maintenant ou jamais pour le 184e choix 2015 des Rangers.

Preuve en est, il a fait partie de l’armada new yorkaise au tournoi espoir de Traverse City, Michigan, dans lequel les NYR ont envoyé une jeune garde très prometteuse, et très observée, cette année.  Avec 2 matchs au compteur, à 22 ans, il va rentrer dans une période où la franchise commencera à avoir une idée de ce qu’ils feront de lui plus tard. Même si l’on sait que les gardiens acquièrent la maturité bien plus tard, il va s’agir de ne pas traîner en route pour ne pas plafonner. L’exemple de Brandon Halverson, lui aussi drafté au 2e tour en 2014, et pas reconduit cette année par les NYR malgré ses 23 ans doit servir aux jeunes pousses pré citées.

Ensuite vient l’un des plus grands espoirs que la franchise ait sous la main actuellement. Une des figures de la vague russe qui a débarqué à NY cet été, Igor Shestyorkin (Shesterkin) est considéré comme celui qui succèdera à Henrik Lundqvist dans les cages des Blueshirts. Et ça tombe bien, une des idoles de Shesyorkin est justement le King suédois. Le russe arrive au MSG avec d’affolantes stats européennes. En constante évolution depuis plusieurs saisons, il a culminé à plus de 95% d’arrêts en KHL l’an dernier. 1.11 buts encaissés en moyenne, sur 28 matchs.

L’été d’avant, il avait effectué des piges avec la sélection russe, avec des moyennes entre 92% et même 100% sur 2 matchs. A 23 ans, il doit malgré tout progresser dans la communication (Il parle pour le moment un anglais rudimentaire mais le travaille quotidiennement) et s’habituer à la taille des patinoires nord-américaines ainsi que son style de jeu. Malgré tout, la base de son potentielle est très, très intéressante, et Igor « Shestyorking » va tranquillement pouvoir montrer toute l’étendue de son talent en AHL cette saison. Hartford, également en pleine mutation avec l’arrivée d’un nouveau staff, a en tous les cas un excellent gardien pour tenir la baraque.

Son tournoi à Traverse City aurait pu mieux débuter, mais dans des matchs peu défensifs, où il passera le plus clair de son temps à devoir se dépatouiller dans des 2 ou contre 1, il encaissera 6 buts d’entrée contre Columbus avant d’être bien plus à son avantage contre Minnesota dans le 3e match et une victoire 4-3 en prolongations, et quelques sauvetages plus classiques pour lui.

Mais s’il possède tout pour devenir la relève, Shestyorkin devra quand même fonctionner avec l’actuel gardien remplaçant, Alexandar Georgiev. Pas vraiment attendu au niveau qu’il a montré l’an passé, il a surpris tout le monde, sauf le staff des Rangers qui a découvert un bourreau de travail. Le russo-bulgare a joué 33 rencontres avec les NYR l’an dernier, trustant même une fin de saison à la place de Lundqvist, pour être testé sur la longueur par le staff de David Quinn qui voulait voir ce que « Georgie » avait dans le ventre.

Il a du coup été récompensé en étant sélectionné pour les mondiaux slovaques avec la Russie. Et en 2 matchs, il n’a pas encaissé de buts, avec un joli 100% d’arrêts. Il aura par la même occasion semé le trouble dans la hiérarchie, et repoussé l’arrivée de Shestyorkin en NHL. Alors la question se pose pour la suite. Va-t-il finir par ravir la place de Lundqvist, de Shestyorkin, ou sera-t-il une monnaie d’échange pour les Rangers en vue d’un futur échange ? C’est en tout cas ce que nous saurons cette saison, suivant les performances du bonhomme.

Enfin, on ne le présente plus, la star des NY Rangers pendant une décennie, Henrik Lundqvist. A deux saisons de la fin de son lucratif contrat à 8.5M par an, le King suédois se trouve finalement un peu balloté. Voyant débarquer Shestyorkin, il aurait pu commencer à s’inquiéter, mais l’avènement de Georgiev, et la propension de la direction de la franchise à couper les contrats trop coûteux peuvent presque commencer à trotter dans la tête du scandinave.

A 37 ans, il ne sort pas d’une saison inoubliable, ponctuée de blessures, méformes, et d’un 90.7% d’arrêts pas mémorable dans la carrière d’un gardien qui nous avait habitué à mieux. Même ses mondiaux avec la Tre Kronor n’ont pas époustouflé le monde avec moins de 90% d’arrêts. Alors oui, il vieillit, oui il décline, mais il semble aussi un brin frustré par le fait qu’il ne verra normalement pas de coupe Stanley dans sa carrière NHL, ayant choisi de rester aux NYR contre vents et marées.

Il démarrera certainement titulaire pour sa franchise de toujours, mais a clairement du monde derrière lui, et les rumeurs de séparation avec NY sont plus que jamais audibles, alors que cela apparaissait résolument impossible il y a plusieurs saisons. Cela résonnerait comme un tremblement de terre dans la Grosse Pomme, et même en NHL, mais on s’achemine de toute façon de moins en moins lentement, et de plus en plus sûrement vers la fin de carrière de ce qui restera malgré tout une légende de la franchise, et une idole pour bon nombre de fans des Rangers.

Crédit photo: Time Magazine

 

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