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Les frères Sedin tirent leur révérence

Le steal de la décennie, la paire parfaite, les jumeaux maléfiques, tout y sera passé pour qualifier ce tandem de choc. Draftés ensemble par Brian Burke en 1999, les jumeaux suédois ont maltraité les défenses de la LNH pendant près de 17 saisons. A Edmonton samedi prochain, les 2 loustics vont tirer le rideau sur leurs carrières. 

1038 points en 1303 matchs pour Daniel, le buteur, 1068 unités en 1327 rencontres pour Henrik, le passeur, voici les stats de base de ces 2 inséparables trublions, arrivés ensemble, et qui repartiront donc ensemble.

Une histoire commune…

Issus de la draft 1999 où les Canucks possédaient le choix N°2, les Sedin étaient loin d’être assurés de pouvoir évoluer ensemble. Brian Burke a donc du procéder à plusieurs échanges pour récupérer également le 3e choix. L’évidence était pourtant là, si les Canucks en prenaient un, il fallait tout tenter pour récupérer les deux. Le tour de passe-passe orchestré par Burke relevait presque de la folie douce, de miser sur des jumeaux dont rien ne disait qu’ils auraient cette carrière, surtout quand on sait que ce même Brian Burke n’avait pas forcément eu un véritable coup de foudre pour eux au premier regard.

La toute première fois qu’il a vu jouer les jumeaux, il n’a pas même du tout flashé sur eux. Une impression médiocre laissé par “une incapacité à patiner correctement“. Impression somme toute passagère, car la seconde fois qu’il a pu poser les yeux sur eux, c’est bien la magie des jumeaux qui a opéré. Chaque passe était placée là où allait l’autre jumeau, dans le bon espace, sur la bonne trajectoire, une espèce d’alchimie qui a fait changer d’avis le GM de Vancouver.

Il aura bien évidemment fallu que ces deux-là s’adaptent au jeu nord-américain, et la LNH ne les a forcément pas vu à l’oeuvre immédiatement. Avant de rejoindre la grande ligue pour de bon, ils ont continué à jouer pour le MoDo Hockey, club de leur ville natale d’Örnsdöslvik, pendant une saison.

A partir de 2000-01, l’entrée dans la ligue est officielle. Excepté en 2004, où pour cause de lock out, ils décident de repartir en Suède, les Sedin auront passé leur carrière entière à Vancouver.

…de bout en bout

Le moins que l’on puisse dire, c’est que ces deux-là, en plus de se trouver parfaitement sur la glace, arrivent même à s’accorder lorsqu’il s’agit de décrocher les distinctions. En 2010, Henrik, auteur de la bagatelle de 112 points en saison régulière, obtient le Art Ross Trophy du meilleur réalisateur de la ligue, et le Hart Trophy du joueur le plus utile à son équipe. 29 buts et 83 assistances, il inscrit aussi 14 points en playoffs en 12 matchs. En 2016, il obtient le King Clancy Award du joueur ayant montré le plus de leadership.

Blessé en 2010, le frangin, Daniel, égalise l’année d’après, et remporte lui aussi le Trophée Art Ross, avec 104 points dont 41 buts en saison, et 20 points supplémentaires en playoffs, et le Trophée Ted Lindsay du meilleur joueur de la ligue, élu par ses pairs, l’année de la fameuse finale perdue en 7 matchs face aux Bruins de Boston. Certainement le summum de leur carrière en club, leur “meilleur et pire souvenir à la fois“. En playoffs Ils auront inscrit 23 buts, 55 assistances en 105 matchs de playoffs pour Henrik, et 25 buts, 46 assistances en 102 matchs de séries pour Daniel.

A la maison pour dîner. 

Après donc 2630 matchs joués, 631 buts, 1475 assistances, tous les records de points battus pour la franchise des Canucks, les N°22 et 33 décident de s’arrêter là, et d’enfin réserver le maximum de leur temps pour leur famille.

Persuadés “au fil de la saison que cette décision s’imposait“, ils avaient choisi depuis quelques temps de “prendre les années les unes derrière les autres“. A 37 ans, ils semblent en paix avec ceci, et choisissent donc de lancer leur vie d’après-hockey. En ligne de mire, les “devoirs, les anniversaires, les entraînements de hockey, de foot et de glisse, dans le froid, et surtout, rentrer à la maison pour dîner“.

Difficile de dire s’ils se passeront les torchons, serviettes et assiettes aussi vite et bien que les palets lors de ces 18 dernières années, mais il semble acquis qu’ils tenteront de s’investir autant qu’ils l’ont fait avec les Canucks. S’ils ont l’air de souhaiter rester vivre à Vancouver, ils risquent de continuer à aider la communauté, comme ils l’ont souvent fait, très impliqués dans la vie des enfants malades, hospitalisés, notamment, par le biais de leur fondation créée en 2014, à qui ils ont offert 1.5M de dollars, pour aider à la reconstruction de l’Hôpital des enfants de Colombie Britannique.

Henrik et Daniel prennent donc une retraite certes méritée, mais qui va laisser un vide dans leur franchise, mais aussi dans la ligue, même si leur présence en playoffs se faisaient plus rare récemment. Leur alchimie est unique dans ce sport, et des carrières aussi linéaires dans la performance sont aussi rares que la façon dont ils ont pu jouer ensemble toute leur vie.

Nous, amateurs de hockey, avons grandi, et vieillit avec ces deux-là, qui ont longtemps fait partie du paysage. Fans des Canucks, de la Suède, ou fan de hockey tout simplement, joueurs, journalistes, ou acteurs de la LNH, tout le monde peut remercier les jumeaux Sedin pour ce qu’ils ont accompli, dans une simplicité tout apparente.

En annonçant leur retraite à 3 matchs du terme, c’est aussi une manière, pour eux, comme pour nous, de partager ce moment dignement. On peut le leur dire encore pendant quelques jours : “Tack tack”.

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