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La situation dans la conférence Est

En période de All Star Week-End, on a choisi chez Into The League de faire un point par conférence, avec la situation des qualifiables pour les playoffs, les équipes en forme, et celles plus en difficultés. Et comme chez nous, la LNH est comme un soleil, nous allons commencer par l’Est. 

Cette année, la conférence Est continue sa mue. Si les habituels cadors sont globalement au rendez vous, certains ont plus de mal, et de gros outsiders ont surtout baissé pavillon pour faire place à de surprenants challengers. La division métropolitaine réserve par exemple une homogénéité rare à ce stade de la saison, alors que la division Atlantique a déjà quasiment livré son verdict.

Le « haut du tableau » 

La terreur de l’année à l’Est est en Floride. Le Lightning de Tampa Bay enchaîne les victoires au rythme des coups de boutoir de son maestro russe Nikita Kucherov, et du « stammer » Steven Stamkos. Les Bolts ont la meilleure attaque de la ligue (175 buts), et la 4e meilleure défense (125 buts). Avec le gardien Vasilevskiy qui prouve que son statut de numéro n’est pas usurpé, du haut de ses 29 victoires, les floridiens caracolent en tête et ressemblent bien aux favoris de la conférence.

Derrière, les Bruins de Boston reviennent de loin avec un trio offensif de grande qualité (Bergeron, Marchand, Pastrnak), une armée de rookies (MacAvoy, Heinen, DeBrusk, Bjork…) et surtout la 1e défense de la ligue. Avec des ajustements, les Bruins ne vont pas quitter le haut de la conférence de sitôt. A leur suite, le grand classique de ces dernières années, les Capitals de Washington. En rythme de croisière, ils défraient moins la chronique que lors des saisons passées, mais sont toujours là, en attendant de défier leur plus gros adversaire annuel, les playoffs.

Les MapleLeafs de Toronto, et BlueJackets de Columbus se situent juste derrière, en faisant leur petit bonhomme de chemin. Si les premiers continuent d’éduquer leurs jeunes, en essayant d’apporter les retouches nécessaires à un effectif à qui il manque un gardien et une défense élite pour penser à la coupe, les seconds sont victimes d’une saison moins décisive de leur gardien Bobrovsky.

La course aux wild cards 

A partir de cette 6e place, tout devient possible. D’ailleurs cette place est trustée par un étonnant revenant. A l’heure actuelle, les Penguins de Pittsburgh se retrouvent « miraculeusement » là, et c’était loin d’être évident il y a quelques semaines. Sur 7 victoires en 10 matchs, les Pens attaquent pas trop mal, mais sont particulièrement poreux en défense. Néanmoins, le retour en grande forme du Sid, ainsi que les éternelles bonnes statistiques de Phil Kessel et Evgeni Malkin en font toujours l’équipe à bien suivre jusqu’à la fin. Ils ont l’expérience des grands rendez-vous, la hargne d’un fauve blessé, et savent exactement comme gagner dès que les beaux jours arrivent. Ils ont sans doute joué beaucoup de hockey lors des deux dernières années, mais sont double champions en titre, et il est grandement possible que l’on ait beaucoup de mal à les oublier encore une fois.

Le reste de la division métropolitaine se trouve dans ces eaux-là, ils sont tous pas très loin les uns des autres, mais n’ont pas les mêmes trajectoires. Si les Devils de NJ, et Flyers de Philly n’étaient pas encore tout à fait attendus à ce niveau-là, de part leur jeunesse, et leur statut d’effectifs en reconstruction, ils assurent plutôt pas mal, et possèdent des jeunes à suivre.

Bratt, Hischier, Butcher, et Coleman sont d’ailleurs très actifs sur les bords de la Hudson River, soutenant très bien Taylor Hall. Les Devils sont surprenants, et collectivement bien organisés malgré leur différence de buts à -2. Pas simple de les imaginer pousser loin en séries, mais leur présence ici à cette période est déjà une belle performance.

Les Flyers, eux, n’ont pas le meilleur coach, ni les meilleurs rookies cette année, et un différentiel de buts à 0, mais ils ont le mérite d’être là. Ils passent du coq à l’âne, en en prenant 5 à Pittsburgh, au MSG, ou à Tampa Bay, mais scorent aussi pas mal contre les Islanders, Blues de St Louis, Buffalo ou Devils. Ils passent du feu à la glace, et vice versa, mais sont eux aussi en pleine reconstruction. Les prospects sont là, et cela continue de se développer. Une place en séries ne serait que bénéfique pour eux, et leur évolution.

L’espoir fait vivre…

On commence là, à rentrer dans la catégorie de ceux qui vivent une saison compliquée. C’est le cas des formations new yorkaises. Commençons par la plus illustre d’entre elles, les Rangers de NY. Coachée par Alain Vigneault, évoluant dans une enceinte toujours pleine, marquée par un effectif de plus en plus boiteux, vieillissant, et soumis à la dure loi du renouvellement de contrat / respect du plafond salarial, les Rangers ont débuté la saison par 8 défaites en 10 matchs, avant de revenir dans le coup progressivement, au rythme du retour en forme de son gardien emblématique, Henrik Lundqvist.

Si la défense s’est renforcée l’été dernier par les signatures à long terme de Brendan Smith, Tony DeAngelo, et surtout Kevin Shattenkirk, on pouvait penser que le style de jeu basé sur les contres allait évoluer mais il n’en fut rien. Passons sur les choix douteux du coach Vigneault, force est de constater que les Rangers vont entrer dans une période trouble. Les plus folles rumeurs de transfert arrivent, et le visage de l’effectif, pourrait très bien changer dans les prochaines semaines. En attendant, du haut de leur 5e attaque, mais 9e défense de la conférence, ils manquent de régularité, de leadership, de projet, et de cohérence. Rien que ça.

Les Islanders eux ont d’autres soucis. Que va faire leur star John Tavares ? Vont-ils déménager vers une autre patinoire plus adaptée au hockey que le Barclays Center cher à la NBA, et surtout plus proche de la base de fans de la franchise ? En attendant, ils abritent cette saison un des favoris au Trophée Calder de rookie de l’année. Matthew Barzal, 16 buts, 51 points, est l’attraction en ce moment. L’avantage des Isles est qu’ils ont régulièrement un homme en forme pour maintenant l’équipe à flots. John Tavares, Josh Bailey, Anders Lee, Jordan Eberle, et donc Barzal. Avenir peut-être trouble mais une envie de ne pas se rendre, qui reste appréciable pour des partisans malgré tout pas sereins.

Ensuite, les Hurricanes de Carolina. Si Raleigh et la Caroline ne représentent pas, apparemment, l’endroit idéal pour une franchise de LNH, les Canes ont tout pour réussir dans les années à venir. Avec une défense jeune et archi prometteuse (Hanifin, Faulk, Pesce, Slavin…) et quelques flèches devant (Teravainen, Aho, Lindholm), les hommes de Bill Peters sont un peu décevants malgré tout. On attendait l’armada scandinave plus explosive en attaque, et la défense plus perméable, mais le point noir reste les performances des gardiens. En prenant Scott Darling à Chicago cet été, ils pensaient avoir mis la main sur un gardien sécure. Ce n’est pour le moment pas le cas, et si l’on n’en est pas encore au massacre de poupées vaudou, il n’y a quand même pas trop de chance autour de la PNC Arena. Ils ne sont malgré tout « qu’à » 4 points du cut. Pas impossible avec une série positive.

A la cave ?

Ici arrivent les équipes qui ont plus les yeux tournés vers la prochaine session de repêchage, que sur le premier tour des playoffs. Même s’il est toujours permis de rêver, ça va devenir plus dur dorénavant, même si mathématiquement rien n’est fini, et qu’une grosse série de victoires rendrait faisable à peu près n’importe quoi. Détroit, Montréal, Ottawa, Florida, et Buffalo sont tous en train de réfléchir à qui ils vont bouger de l’équipe pour accueillir tel prospect, tel rookie, ou tel joueur échangé.

Les Wings tardent à développer des jeunes, même si’il y a quelques satisfactions comme Anthony Mantha, Dylan Larkin ou Andreas Athanasiou. Zetterberg est toujours là, mais après c’est déjà moins évident. A Montréal, Marc Bergevin continue de faire du Bergevin…c’est-à-dire que le projet n’est pas clair, que seul Carey Price semble être intransférable, mais en même temps personne ne bouge. Si le capitaine Pacioretty est une belle valeur marchande, un super buteur, il traverse une belle crise de confiance. Les Habs possèdent encore de beaux joueurs à forts potentiels comme Gallagher, Hudon, ou Jonathan Drouin. On attendait aussi Galchenyuk, mais son difficile début de saison se ressent dans ses stats, même si ses 28 points sont le 2e total de l’équipe, ce qui en dit long sur la forme des Canadiens cette saison. Du ménage est prévu, et l’été devrait être animé dans la Belle Province.

A Ottawa, cela ressemble à un beau bazar. Finalistes surprises de conférence en Mai dernier, ils ont mal démarré, et pas bien continué. Maintenant que les playoffs ne sont plus d’actualité, les rumeurs de transferts, de déménagements, voir de revente débarquent avec les mauvais résultats. Alors exit Eric Karlsson ? Les Sens vont-ils quitter Ottawa ? En tous les cas, ce n’est pas l’arrivée de Matt Duchene qui a boosté les chiffres. Transfert par ailleurs extrêmement cher, vu ce que les Senators ont lâché comme tours de draft pour s’attacher les services de l’ancien de Colorado. En quête également d’une solution quand à la construction d’une nouvelle patinoire plus en centre-ville, les Sens sont dans l’inconnu pour le moment.

Florida n’est pas au mieux non plus. Prometteurs il y a quelques mois, ils ont perdu Jaromir Jagr, et ont décidé de miser sur les jeunes. Pourquoi pas lorsque l’on voit fonctionner les Huberdeau, Barkov, Ekblad, Trocheck, ou Bjugstad. Malheureusement, attaque moyenne, défense mauvaise, les Panthers n’y sont pas, et n’y ont d’ailleurs jamais trop été cette année. Vivement la draft donc pour eux.

Refrain également bien connu à Buffalo. Régulièrement dans la course au N°1 de la draft, les Sabres ne décollent pas. Ils n’ont pas une chance débordante, gagnent peu de matchs en prolongations, malgré un nombre conséquent d’OT jouées. Eichel, Okposo, Kane, O’Reilly, Ristolainen, mettent des points, mais pas assez. Pire attaque, et avant dernière défense, Buffalo a pourtant un gardien spectaculaire dans les buts. Robin Lehner, régulièrement auteur de parades catastrophes, possède un taux d’arrêts très honorable à 91.2%. Avec une défense moins perméable, le suédois pourrait améliorer ses stats. Si Buffalo souhaite construire autour de lui il restera, sinon son profil pourrait intéresser d’autres formations cherchant à se renforcer dans les cages.

Plutôt déséquilibrée dans les divisions cette saison, la conférence Est n’a pas fini de surprendre avant de livrer son verdict final. La division métropolitaine va encore voir son lot de surprises animer la fin de saison, et notre petit doigt nous dit que les playoffs pourraient être sanguinaires.

Sources: NHL.com ; nytimes.com

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