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La défense des NY Rangers toujours en chantier

En reconstruction, sous un nouveau staff, dans une saison de transition, les NY Rangers alternent le bon et le beaucoup moins bon. Si le taulier Henrik Lundqvist est toujours bien présent, nous pourrions trouver à redire de beaucoup d’autres joueurs, en commençant par la défense des Blueshirts. Voici un bref état des lieux. 

Au delà d’une simple défaite en OT face aux Golden Knights de Las Vegas dimanche soir au MSG, les enseignements à tirer de cette rencontre sont nombreux, notamment en ce qui concerne la prestation d’ensemble de la défense new-yorkaise.

On le sait, l’effectif est en reconstruction, et tous les postes sont en observation. En attaque, entre les blessés, les écartés pour performances insuffisantes, ou les jeunes, il y a pas mal de turnover, et chacun peut réussir à se montrer. En revanche, défensivement, il y a déjà moins de place, et le niveau de jeu de chacun, dépend aussi malheureusement de l’association dans laquelle chaque joueur est impliqué.

Un soucis Brady Skjei ?

Les deux meilleurs éléments, censés tirer le groupe vers le haut sont Brady Skjei, et Kevin Shattenkirk. Si le premier est dans sa 3e année, et doit se remettre d’une année sophomore peu reluisante sous les ordres d’un Alain Vigneault, l’arrivée d’un nouveau staff, devait s’accompagner d’une remise à zéro des compteurs, et potentiellement de nouvelles responsabilités pour lui.

Malheureusement, outre quelques mises en tribune, soit pour souffler, soit pour soigner quelques micro blessures (de façade?), le #76 des Rangers n’a pour le moment pas assez pesé sur l’arrière garde locale. Et si son but contre Vegas dimanche soir a pu agrémenter son compteur statistique, c’est justement dans ce secteur que l’on va souligner son manque de performances. Avec 9 points, dont 3 buts, il totalise 7 points dits « primaires ».

Même s’il est pour le moment mieux lancé que la saison passée, il n’apparaît pas non plus comme le leader technique  escompté. Avec un corsi à 42.58% et un taux de buts anticipés à 44.09%, il est déficient dans la construction du jeu, au même titre que ses coéquipiers. Ses CF% et XGf% relatifs à environ -5% et -6% traduisent une influence négative sur l’ensemble de l’équipe.

Alors, le jeune américain est il subitement devenu moyen, ou est-il tout simplement mal accompagné ? La deuxième option paraît la plus probable. En débutant la saison avec une paire Skjei/McQuaid en première ligne, David Quinn voulait un duo avec un défenseur dit offensif, accompagné d’un défenseur « défensif« . Malheureusement pour Skjei, avec l’apport de l’ex des Bruins de Boston Adam McQuaid, son rendement ne s’en est trouvé que moins bon. Les chiffres de McQuaid sont très loin de ceux que l’on pourrait espérer d’un joueur de première paire. 39.85% de corsi (Rel CF% -6.97%), 44.85% de XGF% (Rel -2.26%) en 9 parties, sa blessure aurait pu permettre à David Quinn de trouver une meilleure solution.

Ce fut partiellement le cas avec la solution qui consiste à associer Brady Skjei à Kevin Shattenkirk. Si le coach des NYR ne souhaite pas de prime abord associer les deux « meilleurs » joueurs de sa défense pour équilibrer le reste des lignes (soit), c’est malheureusement pour lui la ligne qui aura fonctionné le mieux depuis le début de la saison. Avec un corsi à 56.79% c’est un duo qui gagne à être revu.

Ses autres associations avec Tony De Angelo, Neal Pionk, ou Brendan Smith n’occasionnent que des taux de possession entre 42% et 45%, bien loin des standards attendus pour un joueur si prometteur. En conclusion, si Brady Skjei est toujours un très bon joueur en devenir, il faudrait peut être éviter de le considérer aussi tôt comme le sauveur de partenaires eux-mêmes en difficulté.

Des duos pas forcément à propos

On vient de le mentionner, se tromper sur les associations peut nuire aux niveaux de jeu des concernés. Et si David Quinn tâtonne encore beaucoup, le duo sur lequel il insiste est celui entre Neal Pionk et Marc Staal.

Choix d’Alain Vigneault l’an passé, le jeune #44 semble beaucoup communiquer avec Marc Staal, et cette entente apparaîtrait comme une excellente affaire. L’ancien avec le jeune, l’expérience avec la fougue. Pourtant au vu des statistiques et des rendements multiples, cela paraît la moins bonne idée du staff. En gros Marc Staal est trop poussif pour pouvoir aider Neal Pionk, ou même Tony De Angelo.

Lorsque Marc Staal joue avec Neal Pionk, ils concèdent plus de 54% des tirs de l’équipe, et lorsqu’il évolue avec Tony De Angelo, cela s’élève à 69%. Plus ils jouent ensemble, plus l’équipe adverse peut tirer au but. Analyse simpliste peut être, mais réelle. En revanche, lorsqu’il joue avec Kevin Shattenkirk, Marc Staal fait partie d’une ligne un peu moins poreuse, mais surtout plus productive (68% de corsi offensif). Encore plus fort, pour faire partie d’une ligne défensive efficace, Marc Staal doit évoluer avec.. Brendan Smith. Leur CF/60 s’élève à 56%, et le CA/60 à 49%.

Si les exemples de M. Staal et B. Skjei sont frappants, celui de Fredrik Claesson l’est aussi. Signé pour une saison, afin d’apporter un peu de profondeur à l’effectif en cas de blessures, le #33 n’est pas clinquant individuellement. Ses statistiques sont négatives comme les autres si on les regarde de manière brute. Pourtant en approfondissant via les différentes paires dont il fait partie, on peut s’apercevoir que l’associer à Brendan Smith, ou Neal Pionk, rend le duo bien meilleur. En les mettant ensemble sur la glace, ces deux paires ont des CF/60 et CA/60 globalement équivalents, autour de 50%, ce qui signifie qu’ils ne font pas de mal à l’équipe dans leurs moments de présence.

Comme le graphique de l’excellent Sean Tierney (@ChartingHockey) l’indique, il n’y a que quatre paires que l’on pourrait qualifier de « bonnes ». F. Claesson, et B. Smith font partie de deux d’entre elles. En revanche, avec K. Shattenkirk, cela ne fonctionne pas. Avec 39% de CF/60, cela ne produit quasi rien en attaque. Les 47% de CA/60 la rendent par contre moins catastrophique que d’autres.

Mieux construire 

Si ces statistiques ne prennent pas en compte la qualité de l’apport offensif, elles révèlent malgré tout l’impact qu’ont chaque association sur le rendement de l’équipe. A regarder ne serait ce que la performance des Rangers contre Las Vegas, l’élément criant est dans l’utilisation du palet par l’arrière. Le nombre très important de palets rendus aux Knights ont impliqué un niveau de jeu catastrophique de la part des hommes de David Quinn.

Les deux premiers tiers du match n’ont auguré que des dégagements interdits, et palets perdus en zone neutre. L’organisation du jeu n’est pas du ressort des défenseurs, mais un contrôle moyen du puck dès la récupération ne peut pas entraîner une action digne de ce nom par la suite. Mieux gérer les paires, entraînera des duos plus enclins à construire proprement au lieu de perdre les palets, et les rendre systématiquement aux adversaires.

La franchise en est donc à la première étape de son opération reconstruction, et la défense apparaît encore comme le secteur le plus en chantier, où aucune certitude ne vient réellement conforter le travail réel d’un nouveau staff qui semble pourtant savoir comment s’y prendre, à quelques erreurs près.

 

Sources: nhl.com ; corsica.hockey ; (crédit photo) abc7ny.com

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