Accueil Actualités

Buffalo aiguise ses Sabres

Les Sabres de Buffalo en reconstruction depuis plusieurs années semblent avoir enclenché la bonne vitesse cet été. Même s’ils ne sont certainement pas encore sortis de l’ornière, ils se sont clairement renforcés aux postes déficients, et abordent l’édition 2018-19 avec de toutes autres ambitions. 

Il y a de ces reconstructions qui durent des années. En draftant Jack Eichel et Ryan O’Reilly en 2015, les Sabres avaient amorcé la phase finale du processus en mettant du futur dans l’axe. Malheureusement, Eichel collectionne les blessures, tandis que l’autre larron ne s’est pas spécialement plu à Buffalo.

Le récent GM Jason Botterill a donc eu du pain sur la planche ces derniers mois, pour tenter de remédier aux principaux soucis de l’équipe, commençant par son attaque en berne. Depuis 2013, les Sabres n’ont jamais marqué plus de 2.43 buts en moyenne par match, variant entre la 25e et dernière place de la ligue en la matière.

En défense, l’an dernier a infirmé une embellie connue les 2 années précédentes, en encaissant 280 buts, soit le 29e total de la ligue, avec environ 50 unités supplémentaires par rapport aux éditions précédentes. Avec une arrière garde peu convaincante, un gardien laissé à l’abandon, et une réussite pas au rendez vous (Seulement 32% de victoires dans des rencontres serrées), les Sabres ont bien manqué de tranchant.

Un recrutement efficace

Il fallait insuffler du sang neuf pour que le coach Phil Housley, dont la 1e année à la tête de l’équipe l’an passé n’aura marqué personne, puisse enfin disposer d’au moins 2/3 lignes offensives propres.

Ryan O’Reilly, ayant décidé qu’il ne souhaitait plus porter les couleurs de Buffalo en fin de saison dernière, a même avoué voir « son amour pour le jeu s’estomper à force de rester là« , sans victoires, ni même d’assurance que le projet finira par décoller. En étant transféré aux Blues de St Louis, contre Patrick Berglund et Vladimir Sobotka, le jeune canadien a pu se relancer dans une franchise plus proche de jouer les séries, et les Sabres ont pu récupérer de quoi garnir un effectif plus en profondeur. Avec ces 2 apports, Housley possède de l’expérience, et de la régularité. Berglund a un potentiel entre 15 et 20 buts au centre, et Sobotka amène sa dureté et sa réussite en faceoffs.

Là où Botterill a fat fort, c’est dans l’acquisition de l’ex Hurricane de Carolina, Jeff Skinner. Facile membre du 1er trio, l’ailier amène un peu tout. Des points, des buts, et une belle tentative de complémentarité avec Jack Eichel et Sam Reinhart à venir. A 26 ans, Skinner fait partie de ces bons plans que les Sabres ont bien fait d’acquérir.

Autre bon plan, le gardien remplaçant des Blues de St Louis, Carter Hutton. A 31 ans, l’ex du Missouri avait titillé Jake Allen l’an passé, et menait la ligue au pourcentage d’arrêts, avec un joli 93.1% en 32 matchs (dont 26 titulaire) dont 17 victoires.

Dernière acquisition maline, l’ex Penguin de Pittsburgh, Conor Sheary. Avec une trentaine de points à son actif la saison passée, dont 18 buts, il a un peu régressé par rapport à ses 53 points de l’année précédente. Au diapason du reste de l’équipe, plutôt éreintée par 2 campagnes victorieuses de suite en playoffs, c’est un bon ailier de 2/3e trio pour des Sabres en manque de ce genre d’éléments de complément.

Des espoirs plein les tuyaux 

L’autre gros point positif pour Buffalo est son réservoir de jeunes. Les dernières drafts où les Sabres furent systématiquement bien placés ont été décisives, et plusieurs excellents assets arrivent, et sont même prêts à postuler pour l’équipe type de la franchise.

La star d’entre elles est bien évidemment le suédois Rasmus Dahlin, repêché cette année. International de la Tre Kronor, aperçu aux JO en Corée du Sud, aux WJC 2017-18 de Buffalo, N°1 de la dernière draft, il est annoncé comme le nouveau mix parfait entre Nicklas Lidstrom et Erik Karlsson. Si son adaptation va certainement durer un peu, Dahlin possède vitesse, technique, sens du but, et est assez bon défenseur pour jouer en LNH. A tout juste 18 ans, il est le joueur le plus attendu de la ligue.

En défense il sera accompagné par 1,5 compatriotes parmi les prospects les plus prometteurs. Avec Lawrence Pilut (Défenseur de l’année 2017-18 en SHL) et Mattias Samuelsson (de nationalité Suédo-américaine), l’arrière garde va prendre un accent nordique.

Brendan Guhle  est également jeune (21 ans) et prêt à postuler. La défense va donc manquer singulièrement d’expérience, mais si tout ce beau monde confirme, cette arrière garde durera longtemps, et aura évolué ensemble depuis quasiment le début.

En attaque, là aussi, du très beau monde arrive. En figure de proue, l’américain Casey Mittelstadt. Très en vue lors des derniers WJC à Buffalo, il est arrivé dans la ligue en fin de saison inscrivant 5 points dans ses 6 premiers matchs. L’ex centre de l’université du Minnesota est prévu pour la 2e ou 3e ligne offensive, suivant la teneur de sa production. A 19 ans, il possède vitesse et technique, et a le temps de se faire à tout ça, bien entouré par les Sheary, Okposo, Berglund, Sobotka, Eichel, Reinhart, ou Skinner.

Ensuite vient la colonie suédoise composée d’Alex Nylander, Rasmus Asplund, et Victor Olofsson. Si le dernier des Nylander tarde à éclore, il n’a pas encore dit son dernier mot, surtout s’il est épargné par les blessures. Olofsson possède un joli pedigree avec ses stats en Suède (27 buts en 50 matchs). Asplund devra certainement passer par l’AHL avant de fouler les glaces de LNH, mais il est également observé.

On peut également mentionner Tage Thompson (Qui vient du transfert de O’Reilly à St Louis) qui devrait débuter dans la 4e ligne offensive au centre, Andrew Oglevie venu de NCAA (Notre Dame) avec ses 36 buts, ou Sean Malone, local de l’étape. Justin Bailey, CJ Smith, ou Nicholas Baptiste vont aussi frapper à la porte dans la saison, tout en faisant des aller retour avec Rochester en AHL.

Dans les buts, exit le suédois Robin Lehner, plus ou moins poussé dehors après 3 ans de contrat. Plus trop en phase avec la direction, et pas forcément toujours enclin à la remise en question, Lehner est parti aux NY Islanders, remplacé par Carter Hutton. Il sera supplée par Linus Ullmark, 25 ans. Ce dernier est amené à reprendre le flambeau lorsque Hutton sera sur la fin.

Peu en vue lors des dernières saisons, les Sabres ont donc fait le nécessaire pour avoir un visage différent, et pourquoi pas taquiner les candidats au cut. En tous les cas, il est probable qu’ils ne végètent plus dans les profondeurs de la ligue, et qu’ils terminent sûrement moins loin des PO que les années passées. Si le réservoir est garni, il n’est pas certain que les jeunes soient tous prêts à donner leur meilleur, et l’attaque sera malgré tout conditionnée par la santé de Jack Eichel. Son importance est radicale, en témoigne son contrat longue durée à 10M par an sur 8 ans.

Il faudra donc que tout cela s’organise, et si Housley avait tout un tas d’excuses l’an dernier, cela sera de moins en moins le cas. Les fans des Sabres n’ont pas vu les playoffs depuis un éternité (2011), et supportent même la franchise ayant terminé 3 fois à la dernière place lors des 5 dernières saisons. Il est donc temps que cela s’arrête pour des fans un brin désabusés, et tentés par d’autres équipes moins longues à se bâtir.

La ville de Buffalo reprend espoir, surtout que les homologues des Bills en NFL, ont retrouvé les PO après une longue attente également l’an passé. Si les titres sont encore très loin, on va pouvoir reprendre plaisir à s’asseoir dans un Keybank Center qui commençait sérieusement à sonner creux.

Sources: elite prospects ; the athletic ; nhl.com ; The runner sports (Crédit photo)

Related posts

Erik Karlsson, retour imminent ?

Corentin

Les Blackhawks à terre

Pierre Gouguet

Résultats de la nuit

Christophe Legrand

Leave a Comment

*

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.

Social media & sharing icons powered by UltimatelySocial